On rêve longtemps de ce que l'on fera "un jour". Le pouvoir de l'espoir, ce sont les efforts que l'on est capable d'accomplir pour atteindre l'objectif que l'on s'est fixé. Peck nous fait part, dans le post précédent, du décalage entre le plaisir projeté (celui que l'on pensait ressentir) et ce que l'on ressent lorsque l'événement a lieu.
L'essentiel, dans la démarche, c'est d'être passé à l'action. On peut être déçu que la jouissance ne soit pas aussi forte que prévu, mais la seule chose qui compte, c'est qu'on est sorti du rêve pour commencer quelquechose.
Et puis la "jouissance projetée", n'était-ce pas déjà une forme de plaisir ? Tous ces jours passés à se dire : "tu ne perds rien pour attendre", "tu vas bien voir"... n'était-ce pas déjà de la jouissance ?
Maintenant que c'est fait, le sentiment qui prédomine peut être un peu d'amertume. Tous les efforts consentis, la patience, l'attente, pour un dénouement finalement assez classique. Je prends alors conscience que mon employeur a simplement profité de moi pendant le temps de mon contrat. Il a justement profité de ma position de faiblesse, de ma patience aussi. "Tout ça pour ça".
De mon côté, j'ai vécu ça avec les classes préparatoires. Les grandes écoles sont idéalisées pour justifier tous les efforts. Une fois en école d'ingénieurs, la déception n'en a été que plus grande. Pourtant, avec le recul, c'est l'effort même qui a du sens. Pas l'école d'ingénieur qui suit.
Ce qui n'empêche pas la dépression qui peut suivre l'intégration d'une école. Nous disions en plaisantant, à propos de nos camarades de lettres qui ont intégré Normale Sup : "Après la pression, la dépression". L'objectif est atteint. Que me reste-t-il ? Quel sens trouver désormais à ma vie ?
La question reste entière. Mais faisons comme Peck et profitons, dès demain, de la fête du non-travail !
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